
Au moment d'amorcer la préparation de son nouvel album, Grand Écran (Polydor-Universal), Eddy Mitchell pensait se faire plaisir avant tout. En choisissant d'adapter dans notre langue des chansons américaines popularisées au cinéma, il n'envisageait pas la dimension administrative requise par l'exercice. «Je pensais que ce serait un album très simple à réaliser, n'ayant pas à travailler en tant qu'auteur. Finalement, ça a pris plus d'un an de travail en amont, le temps d'obtenir les autorisations des auteurs, des éditeurs et des ayants droit», explique-t-il en allumant une cigarette.
Il a dû en particulier faire face au zèle de certains d'entre eux. «Les héritiers de Johnny Cash étaient très pointilleux. Pourtant, en trouvant la partition de Walk The Line, j'ai découvert un texte français de 1959, intitulé Ping-Pong. Les temps changent», s'amuse-t-il dans un éclat de rire. Paradoxalement, le moins difficile a été Bob Dylan, qui lui a permis de prendre des libertés avec le texte original de Knockin' on Heaven's Door.
Eddy Mitchell fait partie de cette génération de chanteurs qui ont débuté avec des adaptations de standards américains avant d'écrire leurs propres chansons. C'était il y a cinquante ans.
«À l'époque, c'était simple, on prenait une chanson et on racontait ce qu'on voulait. Les éditeurs étaient surtout contents de faire du pognon. Aujourd'hui, ils
veulent l'argent du beurre.» C'est après sa rencontre avec le pianiste Pierre Papadiamandis, qui intégra son orchestre en 1964, qu'il se constitua un répertoire propre. «J'ai commencé à faire
des textes moi-même parce que ce qu'on m'apportait était pire que ce je pouvais écrire. Mais je ne me considère pas comme un auteur. Je me débrouille avec moi-même, mais je ne saurais pas
écrire pour les autres.»
Derniers Commentaires