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ctoutpourvous

Un véritable bijou cet album... à lire absolument!

9 Janvier 2010, 12:21pm

Publié par marigotine FWI



                         Rébétiko : cinq garçons dans le vent du désespoir
  

(Crédits image : Futuropolis)
 L'Album

David Prudhomme a été bien inspiré lorsque, découvrant par hasard l'ouvrage «Aux sources du Rébétiko», dans une librairie. «C'est pour moi» s'est-il dit. Fasciné par ce genre musical des réfugiés grecs d'Asie mineure, les rébètes, David Prudhomme s'empresse de rassembler toute la documentation disponible, va en Grèce et réalise Rébétiko. Joué et dansé dans les années 20 en Grèce, le rébétiko cri d'exil et de douleur, abordait les thèmes simples de la vie quotidienne tels que les femmes, le haschich, l'errance ou la misère. Empreinte de mélancolies et de chansons contestataires, c'est une musique sombre proche du Fado ou du Blues. Les rébètes, ces musiciens marginaux amateurs de femmes, de drogues, d'alcool et de danse arboraient un profil gênant pour le dictateur de l'époque, le général Metaxas ; sa répression était dure et omniprésente.<b>Planche 3 :</b> En trois cases horizontales, le décor est planté. David Prudhomme installe d’emblée son ambiance, une atmosphère chaude faite de nostalgie, d’interrogations et de musique. Il écrit «Athènes, octobre 1936» et en dessous on découvre -sur le même plan- un lit défait, un homme et son instrument. On devine que c’est le matin. L’homme en marcel fume une cigarette, pensif. Son Bouzouki est délicatement posé sur une chaise. Le calme règne avant la tempête. Dans la deuxième case, l’homme, déjà gominé, fait des ronds de fumée. «Bon, il faut qu’on aille se mêler à la ruche…» On notera sa fine moustache qui suit l’arrondi de ses lèvres. Le miroir de la penderie adjacente reflète tranquillement l’image. Soulignant la présence solitaire du personnage, tandis qu’il parle de la «ruche». Prudhomme change de plan et toujours grâce au miroir, on découvre qu’il n’est pas seul dans la chambre. Une femme en déshabillé d’active au fond de la pièce. L’homme médite toujours, mais son regard est attiré vers la chaise au premier plan… et vers son instrument qu’il couve du regard. Le texte fait : «On n’y est pas les bienvenus mais…» Le musicien s’estime rebelle. Serait-il un bourdon ?

Planche 3 : En trois cases horizontales, le décor est planté. David Prudhomme installe d’emblée son ambiance, une atmosphère chaude faite de nostalgie, d’interrogations et de musique. Il écrit «Athènes, octobre 1936» et en dessous on découvre -sur le même plan- un lit défait, un homme et son instrument. On devine que c’est le matin. L’homme en marcel fume une cigarette, pensif. Son Bouzouki est délicatement posé sur une chaise. Le calme règne avant la tempête. Dans la deuxième case, l’homme, déjà gominé, fait des ronds de fumée. «Bon, il faut qu’on aille se mêler à la ruche…» On notera sa fine moustache qui suit l’arrondi de ses lèvres. Le miroir de la penderie adjacente reflète tranquillement l’image. Soulignant la présence solitaire du personnage, tandis qu’il parle de la «ruche». Prudhomme change de plan et toujours grâce au miroir, on découvre qu’il n’est pas seul dans la chambre. Une femme en déshabillé d’active au fond de la pièce. L’homme médite toujours, mais son regard est attiré vers la chaise au premier plan… et vers son instrument qu’il couve du regard. Le texte fait : «On n’y est pas les bienvenus mais…» Le musicien s’estime rebelle. Serait-il un bourdon ?
<b>Planche 4 :</b> Dans cette planche, David Prudhomme passe à l’action. Sept cases en attestent. Finie la paresse et la flânerie des petits matins de Grèce. L’homme s’est levé, a enfilé son pantalon. On admire en passant ses bretelles et surtout l’élégance dont il fait preuve en ajustant son chapeau. La femme -que l’on a aperçue dans le miroir à la page précédente- apparaît cette fois dans le regard du héros. Elle se lave avec un gant et une bassine devant sa petite glace punaisée au mur. Les gestes de sa toilette pourraient être sensuels. Pourtant il n’en est rien. Elle restera de dos pour le lecteur. Donc en arrière plan dans l’histoire -comme dans le cœur- du musicien. Dernière case : en panoramique, l’homme sort dans la rue. Sa démarche est singulière, mais stylée. L’homme est apprêté, dandy, élégant, alors qu’il sort d’un taudis.
Planche 4 : Dans cette planche, David Prudhomme passe à l’action. Sept cases en attestent. Finie la paresse et la flânerie des petits matins de Grèce. L’homme s’est levé, a enfilé son pantalon. On admire en passant ses bretelles et surtout l’élégance dont il fait preuve en ajustant son chapeau. La femme -que l’on a aperçue dans le miroir à la page précédente- apparaît cette fois dans le regard du héros. Elle se lave avec un gant et une bassine devant sa petite glace punaisée au mur. Les gestes de sa toilette pourraient être sensuels. Pourtant il n’en est rien. Elle restera de dos pour le lecteur. Donc en arrière plan dans l’histoire -comme dans le cœur- du musicien. Dernière case : en panoramique, l’homme sort dans la rue. Sa démarche est singulière, mais stylée. L’homme est apprêté, dandy, élégant, alors qu’il sort d’un taudis
<b>Planche 42-43 :</b> Avec ces deux planches, on entre directement au cœur du Rébétiko. David Prudhomme fait entrer en résonnance le rythme des cases de sa planche avec le chant mélancolique et beau de cette musique folklorique grecque. La surprise vient du chanteur «Chien». Dès la troisième case, il ouvre la bouche et ses paroles s’impriment en bleu sur chaque case. Un tempo se dégage. Mouvant, triste et beau. L’alternance des couleurs ocre, des ombres et des personnages bercent la lecture. Le regard habité du chanteur, sa présence dans les pages est palpable. Comment rendre l’esprit d’une musique et les émotions qu’elles suscitent avec de simples dessins ? Prudhomme en fait la démonstration en mettant au point une narration graphique originale qui finit par vous envouter. Du grand art !
Planche 42-43 : Avec ces deux planches, on entre directement au cœur du Rébétiko. David Prudhomme fait entrer en résonnance le rythme des cases de sa planche avec le chant mélancolique et beau de cette musique folklorique grecque. La surprise vient du chanteur «Chien». Dès la troisième case, il ouvre la bouche et ses paroles s’impriment en bleu sur chaque case. Un tempo se dégage. Mouvant, triste et beau. L’alternance des couleurs ocre, des ombres et des personnages bercent la lecture. Le regard habité du chanteur, sa présence dans les pages est palpable. Comment rendre l’esprit d’une musique et les émotions qu’elles suscitent avec de simples dessins ? Prudhomme en fait la démonstration en mettant au point une narration graphique originale qui finit par vous envouter. Du grand art !
 

                                                Bonne lecture    MARIGOTINE 

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