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ctoutpourvous

La sexualité à toutes les sauces...

27 Octobre 2009, 11:46am

Publié par marigotine FWI



                           Bienvenue dans l'ère du sexe entairnement...

Longtemps cloisonnée au seul business de la pornographie, l’industrie du sexe investit les terrains de la culture, de l’événementiel et des médias. Décomplexée, en passe de devenir un loisir comme un autre, la sexualité serait-elle en train de se réinventer ? Parcours guidé. En tout bien tout honneur.Sex1

Qu’on se le dise : le porno qui a un pénis à la place du cerveau, c’est fini ! Dans la foulée des films lesbiens militants d’Emilie Jouvet et des X-Plicit Films (série de courts-métrages réalisés par Arielle Dombasle, Helena Noguerra, Lola Doillon, Mélanie Laurent et Laetitia Masson), diffusés fin 2008 sur Canal+, la collection de films courts Dirty Diaries est sortie en septembre dernier, avec la bénédiction du ministère de la Culture suédois. Car outre son postulat de « pornographie féministe », sa spécificité majeure est d’avoir été subventionnée par des fonds publics ! En se « culturalisant » ainsi, le porno devient plus socialement admissible. Selon un récent sondage Ifop pour Marc Dorcel, 67 % des femmes se disent disposées à regarder un film X avec leur partenaire.

Même son de cloche en matière de littérature érotique ; aujourd’hui, on affiche tranquillement ses Cahiers de vacances érotiques sur la plage (12 000 exemplaires vendus pour l’édition 2009, aux éditions La Musardine) et autres guides pratiques (350 000 exemplaires vendus depuis 2004 pour la collection « Osez… », du même éditeur, dont 40 000 pour le best-seller Osez… tout savoir sur la fellation). La B. D. érotique revient elle aussi en force sous l’impulsion des éditions Delcourt, qui, après le succès des Filles perdues, d’Alan Moore et Melinda Gebbie, viennent de publier Happy Sex, le nouvel album de Zep (le papa de Titeuf et de son « zizi sexuel »), cette fois réservé aux adultes.

Un engouement qui touche jusqu’aux étudiants de Sciences Po : tous les exemplaires du numéro de septembre de leur revue érotique L’Imparfaite sont partis en prévente. Selon Fahd Ayeva, président du projet, « L’Imparfaite n’est pas une revue militante, mais excitante. Pour autant, le thème de la sexualité n’est pas neutre. Avec Facebook, 123people, etc., la maille de surveillance autour de nous est très fine et l’on a tous peur de laisser des traces qui, un jour, se retourneraient contre nous. Publier une revue érotique, c’est une façon de s’extirper de ce jeu de cache-cache. »

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Une sortie comme une autre

Pour les moins téméraires, nombre d’événements grand public fleurissent partout en France. Ainsi, de La Rochelle à Besançon en passant par Lille et Toulouse, les salons érotiques attirent un nombre grandissant de visiteurs, qui viennent y faire leur shopping le week-end comme on va chez Ikea.
Plus chic et culturelles, des manifestations comme les Féerotiques de Rennes (à découvrir les 10, 11 et 12 décembre dans divers lieux du centre-ville) ou les soirées New Burlesque à La Bellevilloise, temple parisien de la « boboïtude », déclinent l’art érotique sous toutes ses formes : spectacles de cabaret, performances, mode, body art… Dans le même esprit, les soirées parisiennes L’Œil d’Eros proposent de visiter les traditions sexuelles des pays lointains (Inde, Japon, Chine, Argentine…), sous les auspices de l’avocat médiatique et insatiable collectionneur d’art et d’écrits érotiques, Emmanuel Pierrat : « Après avoir écrit sur les enfers des bibliothèques, sur les curiosa, préfacé des livres et donné des cours de littérature érotique, j’ai accepté de parrainer ces soirées car elles s’inscrivent dans une démarche comparable à la mienne : associer les plaisirs charnels aux plaisirs culturels. » Bref, si vous cherchez des idées de sorties, diverses alternatives s’offrent aux éternels cinémas et théâtres !

Des idées de balades aussi : dans le cadre de la très institutionnelle Nuit Blanche, Soundwalk proposait en téléchargement gratuit son application iPhone permettant de visiter Pigalle, en compagnie (vocale) de Lou Doillon, pour une plongée au cœur du Paris des bars obscurs, des filles de nuit, des cabarets insolites et des boutiques d’accessoires sexy.

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Les produits dérivés

La leçon est connue depuis Disney : l’industrie du divertissement prospère surtout grâce à ses produits dérivés, et le sex entertainment n’échappe pas à la règle. Longtemps cantonnés à des échoppes plus ou moins glauques, les sex-toys se vendent aujourd’hui dans des lovestores comme le Passage du Désir à Paris (autoproclamé « anti-sex-shop pour le développement durable du couple ») et s’invitent dans les boutiques de luxe. Dans la foulée de Rykiel Woman, qui propose depuis longtemps sa gamme de jouets érotiques, Victor, place Vendôme, propose à ses clients un must-have en or 18 carats vendu entre 30 000 et 40 000 € (sur commande).

C’est aussi au-delà de la mode dont ils sont l’objet que les jouets érotiques libèrent la parole sexuelle. Fleur Breto, de Passage du Désir, réfute avec vigueur l’argument du sex-toy qui individualise : « Au contraire ! Nombre de nos clients, hommes ou femmes, viennent d’abord seuls visiter la boutique avant de revenir à deux. Preuve qu’ils sont excellents pour le couple ! »
Mais c’est sans conteste grâce au Hot Doll que l’on mesure le mieux cet engouement généralisé : vendu 400 euros en exclusivité sur le site
hotdoll.fr

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L’information et le coaching

Pour nous guider dans cette offre, l’information et la formation ne manquent pas. À la télévision d’abord : longtemps caché sur Téva dans l’émission « Love Coach », le coaching sexuel arrive cette année sur TF1 (« Le Sexe dans tous ses états ») et M6 (« Les Français, l’amour et le sexe »). Sur le Net, quelques blogs d’informations sexo connaissent également un honorable succès d’estime et d’audience. Rue69, les pages sexe de Rue89, attirent entre 100 000 et 300 000 visiteurs uniques par mois avec des articles comme « Elles ont testé le pole dance ».

Le pole dance, justement, dont on peut apprendre les rudiments chaque semaine au Pink Paradise (club de strip-tease des beaux quartiers de Paris), dans des cours finalement pas si éloignés que ça d’une séance de barre au sol au Club Med Gym ! Sans parler des cours de danse burlesque (effeuillage glamour entre le strip-tease et le cabaret des années 20) qui fleurissent un peu partout en France. À Paris, L’École des Filles de joie organise des stages de danse (jazz, orientale), des cours d’effeuillage, de maquillage et autres techniques dans un seul but : « Réveillez la pin-up qui est en vous » !


La demande générale d’informations et de conseils a par ailleurs inspiré Delphine Léonore, auteure de Désir et des aveux (1) : « Ma pièce raconte l’histoire d’une femme qui emmène son compagnon à un stage de coaching sexuel dans le Larzac dans l’espoir de retrouver une sexualité harmonieuse avec lui. Malheureusement pour elle, ça ne se passe pas du tout comme elle l’espérait… » De fait, au terme d’un enchaînement de situations cocasses et de bons mots d’auteur, Désir et des aveux pose la dernière pierre de toute industrie du divertissement qui se respecte : la dédramatisation par le rire. La boucle est bouclée : sexe et entertainment font décidément bon ménage !

Représentations du jeudi au dimanche à 19 heures au Théâtre Le Temple, 18, rue du Faubourg-du-Temple, 75011 Paris.
Tél. : 01 43 38 23 26.
 
Dis donc Marigotine.... Les animations ça te réveille la libido!!!

http://www.mylivesignature.com/signatures/54487/290/FBCF2AA064AA8A01F0CB19E5481670E6.png                

                                                                              

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