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ctoutpourvous

La Province prend le Pouvoir...

18 Novembre 2009, 11:53am

Publié par marigotine FWI



On oublie nos codes de citadins survoltés et on adopte les valeurs sûres et l’art de vivre des provinciaux : mode, déco, restos, bonnes manières… Le tradi, c’est branché !

        
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1. On s’habille BCBG… Sac à chaîne en bandoulière, mocassins à franges, gants en cuir glacé, jupe crayon noire, trench, foulard, manteau poil de chameau… Cette saison, les jeunes femmes trendy s’inspirent du vestiaire des épouses de cardiologues bordelais. Et pas besoin, pour cela, de pousser la porte de boutiques feutrées : la mode BCBG est partout, y compris chez H&M et Zara. Une réappropriation qui va peut-être plus loin que le clin d’œil second degré : et si, postcrise oblige, s’afficher chic était beaucoup plus moderne que courir après le dernier gimmick mode ?

…Ou comme une cheftaine scoute. Si l’on a peur de se « mémériser » en pull camel, on surfe sur la déferlante new classic et sa touche province revisitée : blazers gansés avec blason sur la poche, grands cardigans en cachemire, chemises oxford, marinières ou pulls marins, et même cabans et kabigs. La jeune styliste Bérangère Claire (et son logo tête de cerf sur croix de Lorraine, mais oui !), le collectif Surface to Air ou les Franco-Japonais de Kitsuné excellent dans cet exercice de style. Comme la marque normande Mont Saint Michel, la chouchoute des fashionistas, qui depuis 1913 fabrique des tricots.

2. On s’achète des gâteaux du dimanche. Comme à la sortie de la messe, autrefois, avant le déjeuner chez bonne-maman. Exit le gâteau-labo moléculaire ! Mille-feuilles, paris-brest, saint-honoré et religieuses font un retour en fanfare. A la nouvelle Pâtisserie des Rêves de Philippe Conticini (93, rue du Bac, 75007 Paris) comme à La Chocolaterie de Jacques Genin (133, rue de Turenne, 75003 Paris) – les deux pâtissiers les plus médiatiques du moment -, on se presse pour ces basiques, certes superbement exécutés. Dénicher un petit artisan de quartier qui excellerait en éclairs au chocolat est, bien sûr, encore plus délicieusement province.


Déco : un esprit cosy et tradi

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3. On se fait une déco « Belles Demeures de France ». Un grand lustre avec ses ampoules flammes (du créateur de luminaires Mathieu Challières) ; du linge de lit fleuri (Ikea réédite des tissus XVIIIe du musée de l’Impression sur étoffes de Mulhouse, Ligne Alvine) ; des « serviteurs muets » en porcelaine pour les petits-fours (Andreas Fabian pour Innermost) ; des bergères en velours ou des bougeoirs façon trophée de chasse (catalogue AM-PM) ; une cuisinière Aga en fonte : on fait tout pour instiller à son intérieur un peu d’esprit provincial, cosy et tradi. Ou du moins l’idée que l’on s’en fait, depuis la capitale…

4. On se la joue « auberge de campagne » à Paris. La nostalgie d’une convivialité provinciale titille visiblement les urbains un peu perdus dans leur grande ville. Les tables d’hôtes où l’on copine à la bonne franquette se multiplient dans les restaurants branchés : au Mama Shelter (tél. : 01 43 48 45 45), chez Glou (tél. : 01 42 74 44 32) et Tartes Kluger (tél. : 01 53 01 53 53), on « coude-à-coude » joyeusement. Les plus motivés commandent sans sourciller des escargots chez Granterroirs (tél. : 01 47 42 18 18) et des pieds de porc chez Afaria (tél. : 01 48 56 15 36).


On aime les « maisons »

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5. On traque la bonne adresse de province. Les journalistes du Fooding et de l’ Omnivore – deux guides hype et gastronomiques – aiment nous dénicher les adresses des chefs stars qui choisissent de reprendre la pension de famille située au milieu de nulle part, comme l’Hôtel Faurié de Philippe Bouissou, à Saint-Agrève, en Ardèche (tél. : 04 75 30 11 45). D’autres, comme Laurent Chareau – ex-chef du Café des Délices et de La Famille, aujourd’hui installé à Villechaud, dans la Nièvre (Le Chat, tél. : 03 86 28 49 03) -, rachètent un bar-brasserie de village. Au menu, une cuisine superinventive, mais un comptoir qui continue à ouvrir à 7 h 30 pour le café (ou le ballon de blanc) des gens du cru. Exactement le genre de détail authentique que l’on adore.

6. On aime beaucoup les « maisons ». Une appellation qui sent bon le notable de province et se révèle plus que tendance. Entre la Maison Fabre (gantier de Millau) et la Maison Bonnet (lunetier du Jura), qui ont depuis peu des antennes parisiennes, ou la Maison Méert, pâtisserie lilloise dont les gaufres fines sont vendues en ligne, on raffole des marques à forte identité provinciale. Que dire de la Maison Michel, spécialisée dans les accessoires de tête ? Raté : elle est 100 % parisienne, et pas sûr que ses oreilles de lapin vues sur tous les défilés soient adaptées au concept du mariage familial dans le Gers.


Les nouvelles chambres d'hôtes

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On redevient poli. Au dire des pros des bonnes manières, le petit savoir-vivre des dîners parisiens penche sérieusement vers le bien-élevé provincial. Ce qui donne, côté invités : arriver à une heure raisonnable sans croire que le SMS « Je suis en retard » permet de se dédouaner ; avec un petit cadeau (qui ne soit pas une mauvaise bouteille achetée chez l’épicier d’en bas) et un peu habillée (finis le sacro-saint jean et petit top féminin) ; sans oublier de remercier systématiquement le lendemain (les e-mails, c’est fait pour ça !). Et côté maîtresse de maison ? Faire les présentations, élaborer un vrai plan de table qui permettra aux gens de faire connaissance, et servir des recettes un brin sophistiquées (comme le suggère la papesse du bon goût, Trish Deseine, dans son dernier livre, Comme au resto, chez Marabout).



8. On visite les nouveaux musées conceptuels.
On connaissait le CAPC de Bordeaux et le Lieu Unique de Nantes. Les toutes neuves Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais (inaugurée en juin) et Cité du design de Saint-Étienne (ouverte en octobre) font beaucoup parler d’elles. La province est devenue la nouvelle échappée belle des Parisiens arty. D’autant qu’il y a de plus en plus de jolies maisons d’hôtes qui changent des Gîtes de France 3 épis, comme celle de la créatrice Stella Cadente à Provins (e-mail : contact@maisonprovins.com), avec ses chambres oniriques, et aussi le nouveau concept Côté Parc, dans le Perche, qui revoit très à la hausse l’idée de break en province. On y découvre un « boutique-hôtel » de campagne qui cache des appartements design et un Spa très douillet derrière sa façade de belle maison de bourg traditionnelle.

9. On pratique le name-dropping de fournisseurs. Pour une Parisienne, il n’est plus avouable de faire ses courses au supermarché du coin quand on reçoit. Comme à Lyon ou à Bayonne, on aime avoir des circuits de bons commerçants que l’on nomme fièrement. C’est tellement rassurant, en ces temps d’insécurité alimentaire ! Chez les maîtresses de maison respectables, on sert donc des tomates ou des raves de Joël Thiébaut (marchés rue Gros et avenue du Président-Wilson, 75016 Paris), des cannelés de Mme Lemoine (au Bouscat, près de Bordeaux, et 74, rue Saint-Dominique, 75007 Paris), du boudin de Christian Parra, de la côte de porc de Louis Lospital, importés du Pays basque, et des tomates cerises du balcon. Dans le même registre province-branding, on notera le retour en grâce du Biscuit Rose de Reims (Fossier) avec la parution du livre J’aime les biscuits roses (Les Éditions Culinaires d’Alain Ducasse). À quand le come-back irrésistible de la praline de Roanne (Pralus, tél. : 01 48 04 05 05 ou 04 77 71 24 10) ou du cotignac d’Orléans (la pâte de coings, localement à la Chocolaterie Royale, tél. : 02 38 53 93 43, ou dans les épiceries fines) ?

  Marigotine pense à vous..... les citadins.



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