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ctoutpourvous

Etes vous au courant?

12 Novembre 2009, 23:17pm

Publié par marigotine FWI


                       Électricité : une grande panne n'est pas exclue
                        
Électricité : une grande panne n'est pas exclue

Les centrales nucléaires d'EDF sont moins disponibles que les autres années. Le Réseau de transport d'électricité (RTE) se prépare pour éviter une coupure géante cet hiver.
 



Les centrales nucléaires d'EDF sont moins disponibles que les autres années. Le Réseau de transport d'électricité (RTE) se prépare pour éviter une coupure géante cet hiver.

La France peut-elle se retrouver brutalement plongée dans le noir ? À l'approche de l'hiver, la question n'a rien d'incongru. Le parc nucléaire d'EDF est cette année beaucoup moins disponible que les saisons précédentes : un réacteur sur cinq est en effet à l'arrêt. Plusieurs centrales sont victimes d'incidents inopinés (nos éditions du 6 novembre). RTE, l'entreprise qui gère les lignes à haute et très haute tensions en France, s'inquiète de la situation mais dispose de plusieurs scénarios

                                            

Dominique MAILLARD. - Notre rôle est justement d'éviter qu'un tel scénario se réalise. À l'amorce de chaque saison, hiver comme été, nous devons d'abord vérifier que chaque fournisseur mettra à disposition du réseau autant d'électricité que ses clients en consomment. À charge ensuite pour nous, quotidiennement, d'acheminer cette production sur le réseau français et d'équilibrer en permanence l'offre et la demande. Au-delà de ses propres centrales, chaque fournisseur peut faire appel à des importations, et RTE gère à cet effet les 45 liaisons d'interconnexion existant à nos frontières. Mais les capacités d'importation de la France restent limitées à 9 000 mégawatts (MW). À conditions climatiques normales, nous serons cet hiver en deçà de ce chiffre, aux alentours de 4 000 à 5 000 MW d'importation, ce qui est d'ailleurs déjà le cas cette semaine. Mais en cas d'hiver rigoureux (7 à 8 °C en dessous des normales saisonnières), nous approcherions des limites que je viens d'évoquer.

Que faut-il faire alors pour éviter tout risque de « black-out » ?

Les palliatifs, à court terme, résident dans trois mesures. D'une part, procéder à des « effacements volontaires » : moyennant rémunération, des industriels acceptent de réduire leur consommation. Nous pouvons aussi envisager de baisser temporairement la tension électrique, ce qui réduit artificiellement la demande. Enfin, en dernier recours, il nous faudrait procéder à des délestages sélectifs de consommation, afin d'éviter justement le « black-out » complet que vous évoquez. Mais, en toile de fond, vous me permettrez d'insister sur la priorité qui doit être accordée aux économies d'énergie. Notre initiative en Bretagne, Écowatt, qui consiste à informer en temps réel quand le réseau est surchargé, montre que de plus en plus de Français sont aujourd'hui prêts à se mobiliser en cas de pic de consommation. À moyen et long termes, nous travaillons aussi à renforcer les interconnexions. C'est d'autant plus crucial que l'Europe produit suffisamment d'électricité pour répondre à ses besoins ; il nous faut donc davantage optimiser les réseaux de transport entre les pays membres.

Quelles sont les régions françaises les plus menacées par des coupures de courant ?

La Bretagne et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui sont deux péninsules électriques, sont les plus exposées. La Bretagne en particulier ne dispose pas d'outils de production suffisants implantés sur place. Voilà pourquoi nous préconisons vivement, depuis plusieurs mois, l'installation d'une nouvelle centrale qui répondrait aux besoins de pointe. En région Paca, RTE va renforcer et compléter le réseau 225 000 volts, pour compenser la perte éventuelle de la ligne de 400 000 volts, seule et unique pour le moment - donc à la merci d'un incident qui peut plonger toute une région dans le noir, comme cela s'est déjà produit deux fois en un an.

Ces projets ne sont pas nouveaux. Pourquoi traînent-ils ?

Ce sont des chantiers de grande ampleur, qui exigent beaucoup d'autorisations préalables. D'un point de vue, une simplification des procédures serait aujourd'hui souhaitable, notamment pour les projets souterrains. Parallèlement, ces projets sont parfois perçus comme virtuels et butent, ici ou là, sur des oppositions locales. Mais les mentalités sont en train de changer. Les incidents de ces dernières années ont permis de mieux partager les préoccupations liées au renforcement du réseau électrique. De même, la portée du Grenelle de l'environnement fait que nos concitoyens ont un autre regard sur l'énergie et sur le développement de telle ou telle infrastructure. Concernant notre propre action, nous avançons par ailleurs très vite : en moins de cinq ans, RTE a doublé ses investissements sur le réseau à haute et très haute tensions : de 500 millions en 2005, nous les avons portés à plus d'un milliard d'euros en 2009, et ce cap sera maintenu dans les années à venir.

L'hiver s'annonce rude:
Entre la menace de pandémie de grippe H1N1, les coupures éventuelles de courant, et tout ce qui ne nous est pas dit et bien vivement l'été prochain.

 

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