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ctoutpourvous

Ces Dames n'ont pas leurs "planches" dans leurs poches... (partie 1)

28 Janvier 2010, 10:01am

Publié par marigotine FWI


                                
                           Bulles   rose shocking
                                                                                               

Très attendues au Festival d'Angoulême qui ouvre ses portes aujourd'hui, les auteures de B. D. sortent leurs griffes dans des registres pas forcément girly. Aventure, érotisme ou critique sociale.

  Fantasmagorie et érotisme cru .
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 Une autre inclination récente de la B. D. faite par des femmes est celle de l’érotisme sans ambages : gâterie explicite dans L’Île au poulailler, « légumophilie » sans paroles dans le coquet et délirant Air Pussy, de l’Allemande Ulli Laust, et l’on ne présente plus les ouvrages au crayon noir d'Aurélia Aurita Sa série Fraise et Chocolat, qui l’a propulsée au rang officiel de petite cochonne exhibitionniste – elle confie d’ailleurs dans son dernier ouvrage, Buzz-moi, avoir été pour le moins décontenancée et parfois blessée par cette notoriété soudaine et inattendue –, parle donc de façon anecdotique d’amour pendant les règles et d’autres mésaventures de la vie sexuelle. Mais le fond, c’est la rencontre (tome 1), puis la relation (tome 2) qu’elle décrit intensément physiques parce qu’intenses tout court.
Auteure à suivre également, Ella Forbin a choisi de publier sous pseudo ses remarquables et follement érotiques Petits Instants. À découvrir dans le recueil collectif de nouvelles en images
Amour & Désir, chez La boite à Bulles, un petit éditeur qui monte et a aussi tout dernièrement publié l’ode culinaire divinement fantasmagorique Tea Party, de Nancy Pena.

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D’abord, on ne dit plus « B. D. », mais « roman graphique », une coquetterie de langage que d’aucuns taxent de pur snobisme, mais nous voilà à la page. Ensuite, il n’est plus vrai que la bande dessinée est un monde d’hommes. Des filles, il y en a, et des filles à succès aussi.
Pénélope Bagieu s’est fait connaître avec son blog Ma vie est tout à fait fascinantes, avant de publier sur papier les histoires de son double virtuel, Pénélope Jolicœur, et de devenir directrice de collection chez Jean Claude Gawsewitch. Une maison d’édition chez qui l’on remarque d’autres jeunes auteures telles Leslie Plée (Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses_) ou Juliette Baily (_En avant toute!), deux récits sur l’entrée dans la vie active. Au Québec, Eva Rollin fait un tabac avec sa Mademoiselle – encline aux excès de toutes sortes – et en Norvège, c’est Lise Myhre avec sa gothico-punkette, Nemi. Mais l’on peut reprocher à ces ouvrages de se contenter d’appliquer à la bande dessinée les recettes de la chick lit ou de certaines séries TV girly.

D’où une inévitable stigmatisation. « J’espère quand même qu’on ne me lit pas parce que je suis une fille ! » s’exclame Laureline Mattiussi, lauréate, avec L’Île au poulailler, du dernier prix Artémisia. Ce prix féminin a été créé en 2007 à l’initiative de Chantal Montellier, l’une des rares bédéistes femmes des années 80-90, toujours très active aujourd’hui. « Ce qui m’a séduite dans le livre de Laureline, souligne-t-elle, c’est le côté flibustier, chef de meute, libre – sexuellement parlant –, de sa “piratesse”. »

(1) Sortie le 4 février de l’ouvrage collectif Un peu plus de légèreté dans un monde de filles (de nombreuses auteures de B. D. et blogueuses ont participé), vendu au profit de l’association Toute à l'école.

Aventurières et « piratesse.
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L’Île au poulailler est un récit d’aventures où le cliché du voyou qui pille et viole se trouve subtilement détourné puisque c’est une femme, une « piratesse fessue et tapageuse », comme la décrit l’auteure, qui tire de sa passivité un capitaine de navire quelque peu désabusé par la vie. Un clin d’œil libérateur à une envie que beaucoup de filles tout ce qu’il y a de plus éduquées ont pu ressentir sur la terre ferme…
À première vue, ce personnage mal dégrossi n’a rien de glamour, mais au fil des pages, Laureline Mattiussi lui confère une vraie sensualité : « J’ai travaillé sur le rapport au corps et, avec la coloriste Isabelle Merlet, élaboré un style de dessins proche des estampes japonaises. » L’humour et la crudité des propos, mais aussi l’intrigue en elle-même (dont le tome 2, à paraître en mars, dévoilera l’issue) ont emballé le Festival d'Angoulême, où l’Île au poulailler est en course pour le prix Révélation. Mais Laureline planche déjà, avec le scénariste Sol Hess, sur un nouveau récit sis dans les bas-fonds de la Rome antique…

Puisant également dans l’Histoire, celle, coloniale, du XIXe siècle au Sé négal, Chloé Cruchaudet nous régale dans Ida du voyage corseté de deux exploratrices que tout oppose : Ida donc, une vieille fille hypocondriaque et droite comme un I, et Fortunée, une bourgeoise délurée.
Ce thème de l’expédition est également au cœur de Transat, mais là, il s’agit d’une histoire vraie puisque l’auteure, Aude Picault, a réellement traversé l’Atlantique. Et dans Vacance, de Cati Baur, l’exploration côtoie avec honnêteté et délicatesse le thème tabou de l’abandon de famille par une femme.
                           
                                                           A  demain pour la fin ....                 

                                                                                                                                Marigotine       
                                                               

 

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