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ctoutpourvous

Au nouveau chic Parisien...La féminité retrouvée

17 Janvier 2010, 14:24pm

Publié par marigotine FWI



                    

On attendait cela depuis longtemps : que les belles endormies de la couture – Carven, Rochas et Vionnet – reprennent vie. C’est fait.
           Chicparisien1

 

Carven, Rochas et Vionnet ne font résolument plus partie des belles endormies. Ces trois griffes, qui appartiennent au patrimoine français, ont pris un nouveau départ. Ce faisant, elles redéfinissent un certain chic parisien, un luxe d’après crise, fondé sur l’aura fantasmée d’héroïnes de cinéma ou de roman, mais aussi sur une approche très concrète de la nouvelle cliente, « la fille de celle qui achetait comme une folle du Gucci par Tom Ford », précise Jean-Jacques Picart, consultant mode et artisan avisé de l’arrivée de Guillaume Henry chez Carven.

Signe des temps, Tom Ford est devenu réalisateur et signe un film sensible déjà promis au succès. Façon de tourner le dos à ses années fric et frime. Signe des temps, les mots clés de ces nouveaux créateurs sont désormais : humilité, jugement, justesse,  retenue…  Guillaume Henry, 31 ans, formé auprès de Riccardo Tisci chez Givenchy puis  chez  Paule Ka, le confirme : « Pour Carven, l’idée était de garder une référence couture en réfutant l’hommage et le plagiat historique, en s’écartant des embellissements pompeux, des constructions baroques et du satin duchesse, sans pour autant devenir une marque de tee-shirts. La notion d’apprêté me semble démodée.» Avant d’ajouter cette nuance capitale, « il faut avoir le sentiment qu’une main a traversé le vêtement ».

Une main couture, c’est cette manière d’induire du chic, une « façon » sophistiquée qui confère au vêtement «un côté unique alors qu’il est fabriqué en série ». À cela, Guillaume Henry ajoute un véritable souci budgétaire (et les boutiques qui ont acheté la collection ne s’y sont pas trompées, emballées par ce chic à prix raisonnable).
« Aujourd’hui, nous sommes tous des consommateurs. J’ai préféré par exemple, le jersey de coton ou la faille technique à la mousseline qui aurait fait tripler le prix et aurait donné dix ans de plus à l’allure.»

Le style plutôt que la mode
                                                      Chicparisien2

L’allure, le mot est lâché. Cette nouvelle Parisienne, consommatrice affûtée par la crise, « a de l’allure sans effort », dit celui qui vénère les images 1940-1950 de Lartigue et l’esthétique de Chabrol, cinéaste de la bourgeoisie. Et il ajoute : « La bourgeoisie n’appartient plus aux bourgeoises. Mes copines s’en approprient les codes librement. » Normal donc, si la notion de Parisienne, souvent chevillée à cette classe bourgeoise, est, elle aussi, en pleine reconstruction.

Le nouveau directeur artistique de Rochas Marco Zanini, 37 ans, a passé neuf ans chez Versace aux côtés de Donatella. Pour le printemps-été 2010, il s’est inspiré de la Marguerite Duras de L’Amant. Une autre acception du chic français, ce mélange “ordinaire-extraordinaire” défendu par Guillaume Henry. Contre « la vulgarité et l’agressivité du monde ambiant », Zanini plaide pour un luxe, « mot que tout le monde a confondu avec “cher” pendant des années », humble, calme, humain.

« J’ai toujours rêvé de donner du sens à la notion de Parisienne. Avec Rochas, je lui promets une qualité irréprochable avec des modèles apparemment simples, qu’elle portera plus d’une saison. » Car, chez ces designers – pour qui « chic ne veut pas dire ennui », précise Marco Zanini -, la Parisienne préfère le style à la mode.
Chicparisien3 Un style pérenne

« Nous ne ferons pas des clous parce que c’est la tendance, ajoute Guillaume Henry. Carven, c’est davantage une histoire de fidélité à un style, terrain idéal pour exprimer sa propre personnalité. Parfois, il m’arrive de renoncer à créer une robe, même sublime, si elle ne participe pas de ce style. Contrairement aux années d’avant-crise, il ne s’agit pas de faire plus, mais de faire juste. »

À ce titre, on pourrait voir en Alber Elbaz, directeur artistique de Lanvin, et son travail basé sur des altérations subtiles de la même silhouette de saison en saison, le parrain de ces visionnaires de la nouvelle Parisienne. Chez Nina Ricci, on a largement dépassé le statut de griffe endormie, mais après la vision singulière d’Olivier Theyskens, la première saison de Peter Copping, ex-bras droit de Marc Jacobs chez Louis Vuitton, ouvre une nouvelle ère et célèbre lui aussi les codes d’une femme plus attachée à plaire en sourdine (dentelle, plumetis, chantilly, tulle…) qu’en cuissardes et minijupe déchiquetée.

L’une des premières à porter la seconde collection Vionnet, issue du revival de la  griffe  par Rodolfo Paglialunga, 42 ans, transfuge de Prada, est la chicissime reine Rania de Jordanie, ni une starlette, ni une fashion victim, ni une Parisienne, certes, mais une femme réputée pour son dressing juste. En effet, le travail basé sur des métrages de soie géométriques et l’association de blocs de couleurs assurent à la collection une élégance hors tendance, un style clean, dit Rodolfo Paglialunga, caractéristique de cette nouvelle allure française, sans esbroufe. Comme si jusque-là, « la mode avait passé beaucoup trop de temps à s’adosser à une femme qui n’existe pas », conclut Guillaume Henry. Désormais, la Parisienne existe, ils l’ont rencontrée.

Points de vente Vionnet et Rochas, tél. : 01 42 61 34 36.
Carven, tél. : 01 44 61 02 07.
                                                         Quel doux bonheur d'être une femme habillée par ces couturiers.

                                                                                                                          Marigotine            

 

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