Partager l'article ! Au charme et caetera...: Troublante Brigitte Bardot dans ...

Même habillée streetwear et chaussée de méchants bottillons à semelles de crêpe antidérapantes, Laetita Casta donnerait à toutes les femmes un air de servantes humiliées. Et transforme les hommes en toréadors prêts à mourir pour elle. Injustice de la beauté quand elle est ainsi portée avec une insultante désinvolture. Casta ne fait rien pour attirer l’attention. Ni rouge à lèvres, ni mascara allongeant, ni décolleté plongeant, ni lunettes noires XXL. Rien qu’une simple queue-de-cheval, des lèvres couleur fraise Tagada, un léger chevauchement des deux dents de devant et une manière enfantine de boire son verre de lait qui contraste avec le parfum qu’elle porte.
« Un parfum d’homme, déclare-t-elle fièrement, je ne porte que des parfums d’homme parce que ça me plaît. » On dirait du Bardot lorsque, dédaigneuse, elle chantait du Gainsbourg : « Je n’ai besoin de personne en Harley-Davidson. » En selle depuis bientôt vingt ans dans les couloirs de la gloire, la Casta, du haut de ses 31 ans, ressemble à une première de cordée qui ferait la trace toute seule, toisant calmement les sommets à mesure qu’elle les dépasse.
« Je suis moi », dit-elle devançant l’inévitable question : vous retrouvez-vous dans la Brigitte Bardot que vous incarnez dans le film du dessinateur Joann Sfar? « Non, je ne suis pas Bardot, je ne singe pas Bardot, je suis la vision que j’ai de Bardot. » Elle y réalise une performance étonnante. La voix, l’allure, la chute des reins, le regard bravache et enfantin : Casta a tout compris de Bardot. « J’ai voulu lui parler, d’abord pour lui demander l’autorisation de jouer son personnage, et ensuite pour lui poser quelques questions. »
Lesquelles ? « Je voulais savoir si à l’époque, elle se sentait libre et si elle était amoureuse de Serge. » Et alors ? « Oui, elle était libre, affranchie de tout,
des tabous, du qu’en-dira-t-on, des conventions, non par militantisme, mais par goût. C’est ce que dégageait son côté animal. Non, elle n’était pas amoureuse de Gainsbourg, mais il la rassurait
et, a-t-elle ajouté, c’était un très bon amant…
Rien n'est acquis, tout se gagne.Aucun commentaire pour cet article
Derniers Commentaires