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ctoutpourvous

Il était une fois...

21 Septembre 2009, 09:15am

Publié par marigotine FWI



                 Les amours romanesques de la Princesse et du Président.

    Valéry Giscard d'Estaing et Lady Di à Versailles, en 1994 (capture).
                  Valéry Giscard d'Estaing et Lady Di à Versailles en 1994

Exclusif:

La rédaction d'un magazine a lu le prochain roman de Valéry Giscard d'Estaing (éditions de Fallois-XO) Fiction ou réalité? Seul l'ancien président de la république a la clé de cette troublante histoire.

          A quoi les anciens présidents de la république occupent-ils leurs loisirs? On sait que le général De Gaulle conversait avec la France, se pénétrant de l'insignifiance des choses, en regardant les étoiles. Valéry Giscard d'Estaing raconte des histoires d'amour. Il montre par là  qu'il poursuit l'oeuvre de modernisation de la fonction présidentielle commencée en 1974. En 1994, il publiait un roman assez anodin, "Le passage". Son prochain ouvrage (1) devrait faire plus de bruit. Il s'intitule " La princesse et le président" titre qui dit assez bien le sujet du livre: l'auteur, membre de l'académie française, met en scène le président de la république au milieu des années 1980, et une princesse britannique fort jolie, très médiatique et malheureuse en ménage. ( çà a l'air d'être assez clair!)

           Tout le monde a désormais en mémoire le début du roman de Madame de la Fayette, La princesse de Clèves: " La magnificiance et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri 2. Ce prince était galant, bien fait et amoureux; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente".
           Dans le roman de Giscard, le président se nomme aussi Henri, Jacques-Henri Lambertye plus précisément, et l'objet de ses pensées, non pas Diane, c'eût été par trop évident, mais Patricia, prénom qui pour n'être pas princier n'en est pas moins pourvu d'une certaine grâce. Patricia est princesse de Cardiff, "ville située dans le pays de Galle", tient à préciser l'auteur. Leur passion, comme celle des héros de Madame de la Fayette, est également violente.

                                                 "Promesse tenue"

            Le livre s'ouvre sur une épigraphe intrigante: "Promesse tenue", qui semble signifier que Valéry Giscard d'Estaing s'acquitte là d'une dette; par-delà le temps et peut-être par-delà la mort. Mais envers qui? A la fin du roman, il écrit: "Vous m'avez demandé l'autorisation d'écrire votre récit", me dit-elle. " Je vous la donne! Mais faites moi une promesse..." Il est possible qu'il y ait une clé.
             La rencontre du président Lambertye et de la princesse Patricia a eu lieu au palaisde Buckingam, pendant un dîner officiel de clôture du G7, "Le groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète qu'un de mes prédecesseurs avait invité pour la première fois en 1975", note malicieusement l'auteur.
             Donc le président est veuf. La princesse incossolable: " Une dizaine de jours avant mon mariage, mon futur mari est venu me dire qu'il avait une maîtresse et qu'il était décidé à poursuivre ses relations avec elle après notre mariage" Elle multiplie donc les aventures sans lendemain et plus sérieusement les engagements dans l'action caritative internationnale" A propos de son héroïne, Giscard avoue: "Je lui ai baisé la main, et elle m'a interrogé, ses yeux, maintenant ardoise, agrandis dans son visage, qu'elle tient incliné en avant."...
              Henri et Patricia- Au fil des pages, le formalisme laisse place à une tendre familiarité ils vont s'aimer dans les nombreux palais nationaux ou royaux que tous les régimes offrent à leurs dirigeants. Leurs nids s'appellent Kensington ou Soucy ( qui abrita d'autres amours présidentielles et surtout leur fruit, prénommé Mazarine). Le chateau de Rambouillet, que l'auteur décrit avec force détails qui attestent qu'il a de bons souvenirs de l'endroit, occupe une place centrale dans le roman: On sait que lorsqu'il était en fonction, le président Giscard d'Estaing aimait y organiser de grandes chasses. On ne s'étonnera donc pas que la liaison d'Henri et Patricia se noue sur une métaphore cynégétique. " Le rituel de la chasse est toujours le même" ecrit-il, avant d'en administrer la preuve.
               Et si c'était vrai? Cette formule empruntée à Marc Lévy traverse le roman,lancinante, indiscrète, tant la relation de ce coup de foudre est précis. Le brio de l'auteur, son habileté dans les descriptions qu'il fait des lieux, des propos sont tels que le récit paraît toucher à la vérité. On y est jusqu'à ce qu'il choisisse de s'éloigner du vraissemblable pour plonger dans l'imaginaire. Il délaisse alors le genre du roman sentimental et s'essaie à la politique fiction. En marge de son amour pour la princesse de Cardiff, on apprend dès les premières pages que le président Lambertye vient d'être réélu: " Il se plonge dans les activités de son second mandat qui lui a été renouvelé l'an dernier avec plus de cinquant six pour cent des voix." Si cette faveur réitérée à son endroit le comble, il renonce pourtant au septennat, s'imposant à lui-même le quinquennat aux seules fins de se libérer au plus vite de sa charge, pour profiter de sa dulcinée. Le quinquennant: l'anecdote est plaisante quand on se souvient du rôle que joua Valéry Giscard d'Estaing, en 2000, pesant de tout son prestige sur ce débat constitutionnel qui allait avoir de grandes conséquences sur la vie politique... celle de ses successeurs.
               Jacques-Henri Lambertye fera l'objet d'une tentatived'assasinat ( que les lecteurs se rassurent, il en réchappera sans dommage) en inaugurant le Salon du livre. L'assaillant n'est pas un romancier jaloux, mais un Kosovar hostile à la politique libérale du président à l'égard des Serbes. .................

                Il se trouvera certainement des plumes taquines pour railler la prose giscardienne.
Quelle audace!
Les critiques souriront à la lecture de ce roman.
Peut-on écrire ainsi s'alarmeront les puristes.

                Toujours est-il que le genre du roman sentimental existe aves ses conventions: jolies jambes, regards de braise, baisers ardents? C'est l'affaire de l'auteur et de ses lecteurs. De ce point de vue , la Princesse et le Président remplit parfaitement son contrat, construit autour d'un scénario impeccable où la séduction règne sans partage.
 
                 C'est chaud aussi la politique! A quand un "secret story politico" ?   

                                         http://www.mylivesignature.com/signatures/54487/282/FEEBDD3820AA28109457181736A18E74.png      
                                   

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